bechaume

dimanche 7 avril 2013

A QUOI SERT DE SE TIRER DESSUS LORSQUE L'ON EST DANS LE MEME CAMP ?

C'est à la suite d'une conversation avec un élu ordinal que l'idée de ce billet me vient.
Il me tenait à peu près les propos suivants :
- c'est une aberration de faire ce stage actif, c'est aux facultés et aux centres de soins de former les jeunes praticiens.
- Nous empoisonnons la vie des praticiens Maîtres de stage, nous leur faisons perdre leur temps et ce stage leur coûte de l'argent.
Je ne pense pas (j'espère) que cette attitude soit partagée par la majorité de nos représentants ordinaux et par nos structures professionnelles. Pour autant, je voudrai faire quelques rappels.
  • Nous n'obligeons pas nos Maîtres de stages, ils sont tous volontaires.
  • A travers les évaluations du stage par le maître de stage nous constatons : qu'ils ne se plaignent pas vraiment, qu'ils se sentiraient plutôt gratifiés par ce rôle, qu'ils font un excellent travail de l'avis de tous,...
  • Les stagiaires ne sont pas rémunérés mais les Maîtres de stage non plus. Personne ne se plaint. Ils doivent donc trouver quelques satisfactions par ailleurs.
  • Je vous engage à le constater en lisant les commentaires des uns et des autres qui sont publiés sur le site de notre UFR http://webodonto.u-clermont1.fr ->l'étudiant->stages.
Par définition un stage est un enseignement apprentissage délocalisé. c'est une forme d'apprentissage en alternance dont pédagogiquement personne ne conteste la qualité et l'efficacité. Dans cet exercice, la Faculté délègue effectivement la formation apprentissage à un praticien qui encadre de façon autonome pendant deux mois (en tous les cas chez nous) l'étudiant. Quoi de plus normal puisque les textes prévoient que le terrain de stage est l'exercice libéral, ni l'université ni l'hôpital ne disposent de ce milieu. L'exercice professionnel de terrain ne s'apprend pas à l'école, le fondamental oui, les procédures et les gestes aussi mais transcrire et appliquer tout cela dans la vraie vie ne peut se faire que dans le cabinet. La "vraie vie" ne peut pas être reproduite dans nos institutions de formation ou à l'hôpital (sauf peut-être pour ceux qui veulent se consacrer à l'exercice hospitalier, et encore).

C'est donc bien au milieu professionnel d'accueillir ses futurs confrères :

pour leur permettre de passer de leur milieu de formation à leur milieu professionnel.

Là est la véritable raison de ces stages :

Qu'il faille les faire évoluer, certainement, mais déjà ils ont le mérite d'exister. A nous tous et ensemble si possible, d'en faire un outil encore plus efficace. Si nous voulons des professionnels de santé de qualité, à nous tous d'utiliser cette alternance au mieux.

Nous avons la sensation de temps en temps qu'une rivalité malsaine se fait jour entre l'hospitalo-universitaire et le milieu professionnel :

Personnellement, j'ai quelquefois du mal à comprendre.
  • D'abord, en France, jusqu'à présent, les seconds ont tous été formés par les premiers même si le cursus initial ne peut pas tout leur apprendre. De toute façon le professionnel de santé est condamné à être un étudiant permanent. S'il n'apprend plus, il se sclérose très vite chacun le sait.
  • Quel intérêt ces deux monde ont-ils à se dresser l'un contre l'autre ? Sans les premiers, il n'y a plus de seconds et sans les seconds il n'y a plus de profession. A moins que nous voulions faire le lit des PESOA de tous poils ? (Après tout dans d'autres pays les écoles privées existent !)
  • Au contraire, nous avons intérêt à travailler ensemble, au prix sans doutes de quelques concessions mais ce n'est pas cher payé si l'on parle d'une profession entière.
  • J'ai lu dans les professions de foi des candidats aux dernières élections de notre UFR qu'il fallait renouer avec le milieu professionnel en rappelant des praticiens d'exercice libéral qui ont l'air de manquer cruellement à la formation de nos étudiants. Voilà une idée qui m'intéresse moi qui ai protesté des années durant devant la destruction systématique du corps des attachés.
  • Les praticiens à la faculté c'est bien et les étudiants au cabinet aussi. Nous aurons besoin des deux et c'est complémentaire.
Je suis un praticien libéral (3 jours et demi à mon cabinet) et un universitaire(2 jours à la faculté) je crois donc être bien placé pour parler de ces stages que nous avons aidé à créer. Ce travail dans la marge (entre hospitalo-universitaires et praticiens) que nous faisons depuis des années avec plaisir et bonheur ne nous semble pas inutile.
L'heure est sans doute venue de ne plus implicitement ou explicitement se rejeter la faute les uns sur les autres mais d'agir ensemble, dans le même sens pour être définitivement crédibles et efficaces.

Nous comptons beaucoup sur les journées du mois de juin pour poser les bases de l'évolution de ces stages.
Pardonnez ce petit excès de littérature mais il faut bien que quelqu'un de temps en temps secoue le cocotier si l'on veux récolter les noix.

Dr CHAUMEIL B.

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2 commentaires:

  1. Pourquoi ne pas donner la parole à l'élu ordinal afin qu'il exprime les raisons de son commentaire sur les stages actifs? merci

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    1. C'est une bonne remarque, la proposition a été faite mais non suivie d'effet.
      Pourquoi rester anonyme ?
      Dr CHAUMEIL B.

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